La recomposition du paysage politique en France : une lame de fond ?

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Les échéances électorales françaises sont souvent décrites comme le point d’orgue de l’unité ou de la division de la société française. Largement commentée et suivie depuis l’étranger, l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République ouvre la voie à un nouveau modèle de gouvernance politique, loin du traditionnel affrontement droite-gauche, qui pourrait conduire à un renouvellement sans précédent de la classe politique.

 

Si la réalité des échéances électorales confirme les prévisions des sondages, une force politique d’un nouveau type, espérée par des précurseurs comme Jean Lecanuet, verrait le jour. Ce mouvement, qui représente une potentielle lame de fond, ne doit pas empêcher de s’arrêter sur les principaux contours des initiatives politiques emblématiques qui se dessinent:

  • L’assouplissement du code du travail,
  • Un abaissement des charges salariales financé par une hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG)[1] dont les chômeurs et les retraités seraient exemptés,
  • La réaffirmation des ambitions européennes de la France,
  • Une loi de moralisation de la vie politique,
  • Un cadre attractif pour l’installation des entreprises innovantes,
  • La défiscalisation des actifs mobiliers avec la suppression partielle de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF)[2].

 

L’état d’adhésion de la population française à ces mesures confirmera ou infirmera l’hypothèse annoncée de la fin du clivage droite-gauche et de l’émergence de forces politiques plus innovantes, en rupture avec l’exercice traditionnel du pouvoir qui a prévalu depuis près de soixante ans. 

 

Le résultat des élections législatives des 11 et 25 juin prochains pourrait ainsi se cristalliser par l’émergence d’une division durable entre les forces conservatrices et progressistes qui sous-tendent la société française.

 

Par Olivier Benoist.

 

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[1] La CSG est un impôt diversifiant le financement de la protection sociale en France ; la CSG est prélevée, à différents taux, sur les salaires et les primes, les pensions de retraites et les allocations chômage, les revenus du patrimoine, les revenus de placement financiers et certains revenus de jeux.

[2] L’ISF est un impôt payé par les personnes physique un patrimoine supérieur à 1 300 000 €. L’ISF est opposable aux individus domiciliés en France, sur leurs biens situés en France et à l’étranger, ainsi qu’aux individus n’ayant pas leur domicile fiscal en France mais dont les biens situés sur le territoire français dépassent le seuil de 1 300 000 €.